vendredi 15 janvier 2016

DIALOGUER POUR LA PAIX EST SIGNE D'UNE RELIGIOSITE AUTHENTIQUE (suite)

Auteur : KOUMAKPAI N. MOISE



Quand finit le fondamentalisme et que la raison réintègre le forum de l'être et de l'agir religieux, on se rend vraiment compte que la Religion ne souffre ni mélange, ni exagération. La Religion est la meilleure science de l'âme. Elle nous introduit dans la contemplation de ce qui est juste, de ce qui vrai, de ce qui est louable et honorable. Or aucune violence n'est juste, ni vraie, ni louable, ni honorable. Demandez au fondamentaliste religieux s'il est content de lui-même, il vous dira: non ! Car la religion échappe à ses calculs.

J'aurais aimé voir dans ma vie, les athées étudier la Religion dans ce qu'elle est réellement et l'enseigner aux religieux, aux croyants, même si eux-mêmes n'y croient pas. Car la Religion déborde la conception qu'on en a. Si le fondamentaliste ne se trompe pas sur la Religion, c'est que la Religion est trompée et trahie par lui.

Lorsqu'on étudie la Religion dans sa pureté on se rend compte de la force d'une expérience unique qui pousse l'esprit humain vers son propre dépassement pour trouver réponse aux questions de sens sur la vie et sur l'existence humaines. Malheureusement cette pureté se dénature lorsqu'on se trouve en face des calculs humains, allant jusqu'à transformer la Religion en une force guerrière. Comment sauver la Religion de sa propre violence et de la violence dont elle est aujourd'hui victime ?

Le Pape émérite, Benoit XVI voyait dans la question de la violence religieuse, une question à affronter avec vérité et sérénité. C'est un combat; une auto-purification voulue par la nature même de la Religion. Intervenant à la rencontre des Chefs religieux à Assise, le 27 Octobre 2011, il disait :

"La critique de la religion, à partir des Lumières, a à maintes reprises soutenu que la religion fut cause de violence et ainsi elle a attisé l’hostilité contre les religions. Qu’ici la religion motive de fait la violence est une chose qui, en tant que personnes religieuses, doit nous préoccuper profondément. D’une façon plus subtile, mais toujours cruelle, nous voyons la religion comme cause de violence même là où la violence est exercée par des défenseurs d’une religion contre les autres. Les représentants des religions participants en 1986 à Assise entendaient dire – et nous le répétons avec force et grande fermeté : ce n’est pas la vraie nature de la religion. C’est au contraire son travestissement et il contribue à sa destruction. Contre ceci, on objecte : mais d’où savez-vous ce qu’est la vraie nature de la religion ? Votre prétention ne dérive-t-elle pas peut-être du fait que parmi vous la force de la religion s’est éteinte ? Et d’autres objecteront: mais existe-t-il vraiment une nature commune de la religion qui s’exprime dans toutes les religions et qui est donc valable pour toutes ? Nous devons affronter ces questions si nous voulons contester de façon réaliste et crédible le recours à la violence pour des motifs religieux. Ici se place une tâche fondamentale du dialogue interreligieux – une tâche qui doit être de nouveau soulignée par cette rencontre. Comme chrétien, je voudrais dire à ce sujet : oui, dans l’histoire on a aussi eu recours à la violence au nom de la foi chrétienne. Nous le reconnaissons, pleins de honte. Mais il est absolument clair que ceci a été une utilisation abusive de la foi chrétienne, en évidente opposition avec sa vraie nature. Le Dieu dans lequel nous chrétiens nous croyons est le Créateur et Père de tous les hommes, à partir duquel toutes les personnes sont frères et sœurs entre elles et constituent une unique famille. La Croix du Christ est pour nous le signe de Dieu qui, à la place de la violence, pose le fait de souffrir avec l’autre et d’aimer avec l’autre. Son nom est « Dieu de l’amour et de la paix » (2 Co 13, 11). C’est la tâche de tous ceux qui portent une responsabilité pour la foi chrétienne, de purifier continuellement la religion des chrétiens à partir de son centre intérieur, afin que – malgré la faiblesse de l’homme – elle soit vraiment un instrument de la paix de Dieu dans le monde.


Si une typologie fondamentale de violence est aujourd’hui motivée religieusement, mettant ainsi les religions face à la question de leur nature et nous contraignant tous à une purification, une seconde typologie de violence, à l’aspect multiforme, a une motivation exactement opposée : c’est la conséquence de l’absence de Dieu, de sa négation et de la perte d’humanité qui va de pair avec cela. Les ennemis de la religion – comme nous l’avons dit – voient en elle une source première de violence dans l’histoire de l’humanité et exigent alors la disparition de la religion. Mais le « non » à Dieu a produit de la cruauté et une violence sans mesure, qui a été possible seulement parce que l’homme ne reconnaissait plus aucune norme et aucun juge au-dessus de lui, mais il se prenait lui-même seulement comme norme. Les horreurs des camps de concentration montrent en toute clarté les conséquences de l’absence de Dieu".

jeudi 14 janvier 2016


DIALOGUER POUR LA PAIX, C’EST LE SIGNE D’UNE RELIGIOSITE AUTHENTIQUE :

Dialoguer, c’est le propre des hommes appelés à cohabiter ensemble et dans la paix. Le Dialogue rassemble autour d’une même table des individus venant d’horizons différents mais poursuivant un même but. La conception de ce but pourrait provenir d’un désir, d’une croyance ou d’un besoin commun.

Ici, il s’agit des Religions dans leur ensemble ; elles qui ont pour vocation personnelle et commune de promouvoir la paix en étant elles-mêmes unies, les unes avec les autres. Mais, à moins d’aboutir à un mélange, à un syncrétisme aberrant, cette unité ne saurait jamais être une uniformité. L’unité entre les religions équivaut à une union de pensée qui prouve que la croyance à un divinité ou à un absolu, fait partie de la dimension spirituelle, inaliénable chez l’homme.

Alors le fondamentalisme qui use de violence en matière religieuse est le premier ennemi de la paix que prônent et recherchent les Religions.

Avec le Dialogue, les Religions tenteront donc d’éclairer leurs fidèles en les invitant au respect de la conscience des autres. Lorsqu’on est réellement homme de religion on comprend mal comment obliger un homme à croire à ce qu’il ne veut pas croire. En cela les fondamentalistes donnent les signes de leur propre dépaysement : leur foi n’est qu’un verni, une parure qui n’équivaut à rien, donc une pure hypocrisie.

Le premier signe d’une vraie religiosité, selon moi, c’est le respect de la liberté religieuse vis-à-vis des autres. Si ma religion est vraie, elle doit m’apprendre à respecter les autres. Et de cette manière, elle se fera aimer par qui me rencontre. En effet lorsque j’oblige quelqu’un à croire à ce que je croire, je diminue la valeur de ce que je croire. Les fondamentalistes font détester leur religion et toute religion. Le fondamentalisme religieux n’est donc que la fin de la religion. Ceux qui en font usage ou y ont recours ont certainement peur de cette fin qu’ils accélèrent malheureusement.

On m’a toujours demandé, à quoi sert le Dialogue islamo-chrétien s’il n’empêche pas les Islamistes d’user de violence ? Ma réponse a toujours été celle-ci : « Moi je crois au Dialogue, il m’éduque et m’apprend comment je dois vivre avec les autres croyants ».
KOUMAKPAI N. MOISE

Prier pour le dialogue interreligieux et la paix et pour l’unité des chrétiens


Le pape François pendant la veillée de prière pour la paix en Syrie, 29 septembre 2013

 

Les intentions de prière du pape François pour janvier 2016


En janvier 2016, le pape François demande aux catholiques de s’engager dans la prière pour le dialogue interreligieux et la paix et pour l’unité des chrétiens, indique l’Apostolat de la prière « Prier au cœur du monde ».

L’intention de prière « universelle » du pape François pour janvier 2016 est en effet le dialogue interreligieux et la paix :
« Pour que le dialogue sincère entre les hommes et les femmes de différentes religions porte des fruits de paix et de justice. »

L’intention de prière « pour l'évangélisation » est l’unité des chrétiens :
« Pour qu'avec la grâce de l'Esprit Saint, les divisions entre chrétiens soient surmontées par le dialogue et la charité chrétienne. »

Le 1er janvier est la Journée mondiale de la paix. A ce sujet, le pape a publié un Message pour vaincre la globalisation de l’indifférence – indifférence envers Dieu, envers le prochain, envers la création. Pour le lire il suffit de cliquer ici.

C’est, rappelons-le, en janvier qu’a lieu la grande Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier).

Cette année, le thème est « Appelés à proclamer les hauts faits de Dieu » (1 Pierre 2, 9-10). Les méditations ont été préparées par des chrétiens de Lettonie. Le site Unité chrétienne propose les textes des méditations : il suffit de cliquer ici.

Le 17 janvier, en Italie, la Conférence épiscopale célèbre une Journée du judaïsme.

 

jeudi 7 janvier 2016



Pourquoi “Charlie” ne peut pas être un symbole de la liberté d’expression ?




Dans la semaine post Charlie-Hebdo, Laurent Sentis posait cette question : Pourquoi “Charlie” ne peut pas être un symbole de la liberté d’expression ? c’est le titre de son article du 15 janvier 2015 (Lire : http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Pourquoi-Charlie-ne-peut-pas-etre-un-symbole-de-la-liberte-d-expression).
Dans cet article, l’auteur dit des choses tellement sensées, tellement vraies que je ne suis pas sûr que ceux qui gouvernent et qui veulent avoir seulement autour d’eux des gens de leur réseau, puissent l’écouter. Mais son analyse est lue au-delà des limites de la France des « JE SUIS CHARLIE » mais qui ne tirent pas leçon des malheurs qui frappent Charlie.


Sentis commence son Article en écrivant : « La liberté d’expression illimitée n’est pas une condition de la démocratie. Elle en est même le contraire, a fortiori si c’est l’État qui s’attribue le pouvoir d’en fixer les principes. Car c’est ainsi qu’on passe très facilement d’une liberté illimitée au despotisme d’une politique liberticide. Le peuple français s’en rend-il compte » ? (http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Pourquoi-Charlie-ne-peut-pas-etre-un-symbole-de-la-liberte-d-expression).


Ce questionnement qui ne plaira pas à nous tous a bien attiré l’attention de ceux qui sont sympathisants et de la France et de Charlie. Après cette interrogation de fond, Sentis dit : « A la suite de l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, de nombreux commentateurs ont développé l’idée qu’à travers ces dessinateurs, était visée la liberté d’expression. Or celle-ci étant un élément fondamental de notre société, c’est la démocratie elle-même qui était attaquée. Que veut-on dire par là ? Veut-on dire que notre société présuppose une liberté d’expression illimitée ? Et si l’on concède qu’il existe des limites à cette liberté d’expression, sur quoi se fonde cette limite ? Il semble nécessaire de méditer ces questions si l’on veut raison garder dans notre appréciation des événements ». (http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Pourquoi-Charlie-ne-peut-pas-etre-un-symbole-de-la-liberte-d-expression).




Lire la suite sur le site http://foi-cultue-dialogue.over-blog.com/2016/01/je-suis-charlie-mais-je-cogite.html






NB: Enfin, soutenons Charlie, mais ne laissons pas tomber la France des croyants, la vraie France, celle qui a traversé les siècles et tient encore debout!