L'EGLISE EST L'AVENIR DE LA RELIGION
L'EGLISE EST L'AVENIR
DE LA RELIGION
I. COMPRENDRE CE TITRE
Le
XXIème siècle se démontre siècle de la communication. Le monde
commercial en est conscient et en profite ! Pour qui adore la publicité, il ne
manque donc pas de "sanctuaires" où offrir ses holocaustes ou faire
des victimes. Mais la publicité demeure une publicité, elle pourrait ne rien à
voir avec la vérité dont elle prend souvent l'apparence. L'exemple le plus
patent n'est-il pas celui de la pub en domaine de la consommation alimentaire,
où le beau discours dresse comme un cours d'eau, un lit à
l'écoulement facile des denrées, même les plus toxiques jamais
imaginés ? Les marchés sont remplis de produits OGM, donc
cancérogènes, mais enfin dédouanés par une bonne publicité. Les besoins
sont créés en fonction de la dictature de l'offre et de l'avoir et non de
la demande ! On pense moins à la santé de l'homme qu'à celle du
marché. Il arrive même que des voix s'élèvent pour dénoncer le faux et réclamer
la justice des choses, en exigeant ce qui rime avec le bien de
la personne humaine. Mais ces voix généreuses, si elles ne sont pas
vaincues par cette "pub 24h/24", finissent par
être étouffées par la politique d'un marché doté de plus de moyens
que le prédicateur des vertus salutaires.
Mais malgré ces luttes, parfois invisibles qui se font contre la vérité de
la santé publique, nous sommes d'accord qu'une publicité demeure de
la publicité, donc une proposition d'offre que la conscience éclairée doit
toujours examiner avant le choix. Ici, pour démontrer que l'Eglise est l'avenir de la Religion, je suis
convaincu que ni la publicité ni ses techniques ne nous serviront de rien,
puisque je ne cherche pas, tant à convaincre qu'à me convaincre. Alors
comment expliquer ce titre ? C'est simple ! D'abord, commençons par quelques
considérations importantes.
A. L'Eglise et le Dialogue :
D'entrée de jeu, j'aimerais signaler que c'est exprès que je n'ose pas parler
de : "Christianisme, avenir de la Religion". Et pourtant, cela
également demeure vrai, mais à condition qu'on mesure le danger que représente
le fondamentalisme pour une religion. Or nous savons qu'il y a des
fondamentalistes chrétiens; bien sûr, pas à la même échelle que les islamistes.
Le fondamentalisme, avons-nous déjà déclaré, c'est la mort de la religion
! Ceux qui s'en glorifient en sont convaincus. L'islamiste terroriste tue
à petit coup l'Islam, sans le savoir et cela contre la foi de ses coreligionnaires. Et il en est de même pour les fondamentalistes chrétiens.
Pour démontrer la conviction dont il s'agit ici, j'aimerais simplement rester
dans le cadre connu de l'Eglise catholique romaine. C'est elle qui prend à
chaque fois l'initiative du Dialogue; c'est elle qui demande de respecter ce qu'il
y a de sacré dans les religions non-chrétiennes; c'est elle qui rassemble les chefs
religieux pour penser avec eux, l'avenir de la personne humaine. Son propre
Chef, le Pape ne se rend dans une Nation, sans rencontrer ses chefs
religieux....
Le fondamentalisme que le monde choqué par le Terrorisme Islamiste
déplore, couve ses œufs dans le nid de certaines confessions chrétiennes.
La plupart des Nouveaux Mouvements Religieux (NMR) trainent encore
dans ce paysage où on se croit supérieur aux autres. Alors ils acceptent
difficilement le Dialogue Interreligieux, tel que le Vatican le vit,
l'enseigne et le propose au monde croyant. Pour les Témoins Jéhovah, (j'en
rencontre tous les jours à la stazione Ottavia qui croient mordicus qu'un
prêtre pourrait venir de l'Afrique pour devenir Testimone di Jehova à
Rome ), les Evangélistes en Amérique comme en Afrique, ....et plusieurs autres
chrétiens de la même connection continuent de s'enfermer dans une logique qui
leur fait prendre les autres pour des "diables". Est-ce que le
Dialogue Interreligieux a un sens pour eux ? S'ils ne sont pas d'accord
avec le Dialogue du point de vue catholique romaine, on
est sûr que pour eux l'altérité religieuse n'est pas encore
sauvée de la persécution quotidienne. Si l'altérité religieuse n'a pas droit de
citée, le Dialogue n'existe pas. Pour la plupart du temps, ces confessions
ont des structures de formation où cohabitent des apprenants de toutes
religions. Quelle éducation, pour quel monde ?
Dans le domaine du Dialogue, il est tant que le monde ouvre les yeux sur les
efforts que fait l'Eglise catholique. En effet, depuis toujours et surtout
après la Deuxième Guerre Mondiale qui dura du 1er Septembre 1939 au 2 Septembre
1945, l'Eglise catholique romaine ne fait que souligner que, les hommes ne
peuvent pas vivre séparer ni un peuple dominer un autre.
Car la séparation agrandit les blessures et la domination étrangère, les
accentue. L'Eglise parle de la "cohabitation pacifique" des peuples, des Nations.
et des religions, déplorant les erreurs du passé. Après cette Seconde G M,
alors même que l'aurore d'une paix véritable tardait à venir, le Pape saint
Jean XXIII, l'appelait de tous ses vœux, par son Encyclique Pacem in Terris ( http://w2.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem.html ) qui, comme
toutes les Encycliques, porte comme nom, les premières expressions de son
introduction :
"La paix sur la terre, objet du profond désir de l'humanité de tous les
temps, ne peut se fonder ni s'affermir que dans le respect absolu de l'ordre
établi par Dieu" (1).
Qu'est-ce que ce Souverain Pontife n'a pas exprimé dans cette longue Lettre
? Partant de l'ordre entre les êtres humains,
il aboutit aux Directives pastorales, en passant par ce qu'on doit
comprendre désormais des rapports entre
les personnes humaines et le pouvoirs publics au sein d'une Nation et enfin au
sein de la Communauté internationale. Aussi a-t-il parlé du Dialogue
politique, comme arme de règlement des conflits :
Il est une persuasion qui, à notre époque, gagne de plus en plus les
esprits, c'est que les éventuels conflits entre les peuples ne doivent pas être
réglés par le recours aux armes, mais par la négociation (2). Nous sommes là, au seuil du Dialogue, tel que l'Eglise le conçoit
aujourd'hui.
Ce
message qu'il donna, le 11 avril 1963, va dans la même ligne que celui que son
prédécesseur, le Pape Pie XII, avait adressé aux Gouvernants des Nations, à la
veille de la Grande Guerre, les invitant à y renoncer, mais.... :
Le danger est imminent, mais il est encore temps. Rien n’est perdu avec la
paix. Tout peut l’être avec la guerre. Que les hommes recommencent à se
comprendre. Qu’ils recommencent à négocier. En faisant ces pourparlers avec
bonne volonté et dans le respect des droits réciproques, ils s’apercevront
qu’un succès honorable n’est jamais exclu des négociations loyales et actives.
Ils se sentiront grands – de la véritable grandeur – si, faisant taire les voix
de la passion, aussi bien collective que privée, et faisant droit à la raison,
ils épargnent le sang .de leurs frères et soustraient leur patrie à la ruine (3).
On peut souligner avec attention ces phrases: "Rien n’est perdu avec la paix. Tout peut l’être avec
la guerre. Que les hommes recommencent à se comprendre. Qu’ils recommencent à
négocier" (4).
Recommencer à négocier, ce qui signifie : à dialoguer, à se comprendre, à s'accepter
mutuellement et à prévenir les conflits mondiaux. Voilà une préoccupation
qui, désormais, ira grandissante jusqu'à se préciser par le Dialogue
Interreligieux et Interculturel et qui donnera naissance à
plusieurs Conseils Pontificaux au sein des structures de la
Curie romaine.
En effet, selon la vision de l'Eglise, on ne peut se dire croyant ou homme
de bonne volonté et ne pas œuvrer pour la paix. La foi (pour les
croyants), la bonté (pour les non croyants) incitent les hommes à établir dans
le monde un règne de paix. Cette paix attendue de tous, est plus
qu'une option pour l'Eglise, car elle s'identifie à la
mission qu'elle a reçue du Christ : "Heureux les artisans de paix, ils
seront appelés fils de Dieu (Mt 5, 9." En tant que réalisatrice
du Règne de Dieu au sein des peuples, l'Eglise à travers sa prière quotidienne,
appelle la paix sur le monde. Comment parlerait-elle de Dieu aux hommes, si on
n'appelait pas sur eux la paix qui est le nom même de Dieu ? Elle n'intervient
pas dans les Conflits ( N’ayant
d’autre arme pour Nous que la parole de la vérité... Pie XII (5)), mais elle s'engage à chaque
fois à les prévenir et à œuvrer pour les éviter. Et lorsque ces conflits sont
déjà déclenchés, elle se mêle aux hommes de paix et de bonne volonté pour la
recherche, combien difficile, des solutions qui conduisent à la vraie
paix, la paix durable. Signalons que dans cette mission, elle peut être
incomprise. Dans les pays musulmans où j'ai vécu, j'ai souvent entendu
des raisonnements qui frisent de l'amalgames. (A suivre).
(1). Jean XXIII, Pacem in terris, n°1.
(2). Ibidem, n° 126.
(3). Pie XII, Message-radio pour appeler à la paix, Jeudi, 24 Août 1939, lu le 22/4/2016, sur http://w2.vatican.va/content/pius-xii/fr/speeches/1939/documents/hf_p-xii_spe_19390824_ora-grave.html
(4). Ibidem.
(5). Ibidem.
