LA PERSONNE DE LA VERGE MARIA
COMME LIEU D’ESPERIENCE DE LA SAINTE TRINITE
KOUMAKPAI N Moïse,
Chercheur en Théologie
INTRODUCTION
Dans la tâche de réflexion théologique sur la sainte Trinité, réflexion combien difficile et parfois avec tâtonnement, la Vierge Marie, proclamée officiellement « Mère de Dieu » (Theotokos), au Concile d’Ephèse en 431, se révèle, à la fois, un exemple de « lieu » de contemplation et d’approches théologiques du mystère du Dieu, Un et Trine. En effet, s’il est possible d’affirmer, avec saint Thomas d’Aquin, le « Docteur angélique » (1225-1274), que « l’homme est capable de Dieu » (Homo capax Dei), on peut dire, en se basant sur la foi de l’Eglise, que Marie est la figure par excellence dans l’ordre d’une telle « capacité ». En tant que telle, la vraie connaissance de sa personne permet de mieux approcher le mystère des Trois Personnes divines dont elle est constituée l’image et la ressemblance, par excellence. De toute évidence, pour avoir choisi Marie comme celle par qui le Fils du Père éternel, devait venir au monde, la Sainte Trinité a voulu faire d’elle, son « domaine » particulier d’action et de manifestation. Aussi l’a-t-elle rendue, non seulement digne de cette mission sans égale, mais bien plus, capable d’un « oui » correspondant. L’Ecriture confirme cela quand elle mentionne : « Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38). Cette vocation, la plus noble de toutes les vocations, c’est-à-dire : être la Mère du Fils du Très-haut, n’aura rien altéré à la virginité de celle qui l’a reçue1, mais plutôt, aura réalisé pleinement en elle l’épanouissement de son « être-femme ». L’Eglise, en effet, croit à la virginité perpétuelle de Marie et l’exprime dans cette prière : « Dans son amour pour les hommes, que ton Fils vienne en aide à notre secours... puisque sa naissance n'a pas altéré, mais consacré la Virginité de sa Mère »2. Dans sa maternité divine et virginale, Marie, comme personne féminine est donc demeurée à la fois : « Fille, Mère et Epouse » par excellence et nous pourrions également ajouter qu’elle est la « Sœur » par excellence de toute l’humanité ; une humanité qui à travers son expérience et la révélation apportée par son Fils, peut atteindre la vraie connaissance de Dieu. Mais dans quelles mesures pourrions-nous considérer concrètement Marie comme « lieu » d’une véritable expérience de la Sainte Trinité ? Voilà l’interrogation qui fait ici l’objet de notre préoccupation, dans cette recherche à la fin du Séminaire en vue de la Licence théologique. Pour y répondre, nous proposons, dans la première partie d’étudier l’apport du Concile Vatican II, dans la compréhension de ce sujet et dans la deuxième, la Personne de Marie dans ses « relations » aux
Personnes de la sainte Trinité. Aussi analyserons-nous, dans la troisième partie « la didactique mariale »3, en matière d’ouverture de la personne humaine à la Divinité.
PREMIERE PARTIE : APPORT DU CONCILE VATICAN DANS LA COMPREHENSION DU SUJET :
A. Eclaircissement de Thèmes :
D’entrée de jeu, je tiens à mentionner que le Concile Vatican II, dans sa Constitution Dogmatique Lumen Gentium, au chapitre VIII, a mis en grande lumière les rapports qui existent entre Marie et la Sainte Trinité. Mais avant d’étudier ces rapports, je remarque que ce que l’on appelle « Lieu » ici, ne fait pas référence à un emplacement physique, mais plutôt à la personne de celle qui fut au carrefour des « relations » voulues et entretenues avec elle, par la Sainte Trinité. Ainsi parlerai-je dans la suite de la Vierge Marie comme « Lieu », c’est-à-dire comme « domaine » de manifestation du Dieu trinitaire. Le thème « Expérience » est défini étymologiquement comme « le vécu et la connaissance », Giuseppe MARCO SALVATI, dans son ouvrage : IO UNO E TRINO, en a fait plusieurs considérations :
Nous pouvons conclure ces considérations, dit-il, en rappelant que le terme expérience a comme racine sémantique, le terme grec peiro, (passer à travers), qui indique, de manière immédiate, la situation, l’épreuve, l’acte grâce auquel on arrive à apprendre quelque chose, et de manière successive, le résultat, la connaissance ou l’ensemble des vérités auxquelles on parvient grâce à cette épreuve même4.
En effet, en Latin, on parle de « experientia » qui signifie d’une part : épreuve, essai, tentative ; et d’autre part : expérience acquise et pratique. Ce qui nous ramène au sens grec déjà proposé. « Expérience », se définit donc après tout, comme « méthode expérimentale, et comme connaissance à posteriori par l'observation des faits »5. Cependant, dans le domaine théologique, c’est plutôt le sens biblique du thème qui éclaire mieux nos recherches. Le Psalmiste, ayant fait l’expérience de la bonté de Dieu, s’écria : « Goûtez et voyez comme il est bon le Seigneur. Heureux qui trouve en lui son refuge ! »6. Pour lui, Dieu se
3 Par ce concept, j’entends dire, sans prétention aucune, que Marie est « l’Ecole » par excellence d’ouverture de l’homme à la Sainte Trinité. 4 Giuseppe MARCO SALVATI, IO UNO E TRINO, La Trinità come modello del cristiano, Editrice Dominicana, Italia 2011, pp 8-9. (Citation traduite de l’Italien en Français par moi-même). 5 http://www.dicocitations.com/definition_littre/21944/Experience.php. Consulté sur le Net, le 24 Novembre 2013. 6 Ps 33, 9.
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laisse « goûter ». Aussi usera-t-on d’expressions métaphoriques pour faire savoir ce qui se vit intérieurement et intimement avec Dieu : « Dieu est bon ». Voyons ce que le Concile Vatican II dit de Marie, face au mystère de la Sainte Trinité.
B. Apport du Concile Vatican II sur la compréhension du sujet.
S’il est vrai que, bien avant le Concile Vatican II, des Théologiens de Marie comme saint LouisMarie Grignion de Montfort7, inspirateur du Pape, saint Jean-Paul II en mariologie, ont présenté Marie dans son appartenance « au plan du salut par la volonté du Père, en tant que Mère du Verbe incarné, conçu par l’œuvre de l’Esprit Saint »8, c’est par la Constitution dogmatique Lumen Gentium de ce Concile que l’Eglise a confirmé toute « intuition » théologique sur les rapports « Marie et Personnes de la Sainte Trinité ». Le Concile enseigne clairement que : La Vierge Marie en effet, qui, lors de l’Annonciation angélique, reçut le Verbe de Dieu à la fois dans son cœur et dans son corps, et présenta au monde la Vie, est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur. Rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils, unie à lui par un lien étroit et indissoluble, elle reçoit cette immense charge et dignité d’être la Mère du Fils de Dieu, et, par conséquent, la fille de prédilection du Père et le sanctuaire du SaintEsprit, don exceptionnel de grâce qui la met bien loin au-dessus de toutes les créatures dans le ciel et sur la terre9.
Voilà en effet, comment Marie est située au cœur du mystère trinitaire. En disant donc qu’elle est « Mère du Rédempteur, Fille de prédilection du Père et Sanctuaire du Saint Esprit », le Concile Vatican II nous permet d’étudier point par point les rapports individuels de chacune des Personnes de la Sainte Trinité avec la Mère du Rédempteur. A la suite de ce Concile qui n’avait pas clôturé l’enseignement doctrinal10 sur Marie, le Pape Paul VI (Marialis Cultus), le Pape Jean Paul II (Redemptoris Mater… ) ont présenté un enseignement consistant sur celle dont les « relations » aux Personnes divines nous restent maintenant à étudier après cet bref éclairage.
DEUXIEME PARTIE : MARIE ET LES PERSONNES DE LA SAINTE TRINITE: En abordant ce chapitre central de ce sujet, je tiens à faire deux remarques importantes : Il n’existe pas de division entre les Personnes de la Sainte Trinité, ni dans les liens de
7 Cf. Louis Marie Grillon de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie, lu en Novembre 2013, sur http://jesusmarie.free.fr/grignion traite vraie dévotion a la sainte vierge.html. 8 Jean Paul II, AUDIENCE AUX PARTICIPANTS AU 8ème COLLOQUE INTERNATIONAL DE MARIOLOGIE Vendredi 13 octobre 2000, lu sur http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/hfh.htm, le 13 Novembre 2013. 9 Concile Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 53. 10 Cf. Concile Vatican II, LG n° 54 : « le Concile toutefois n’a pas l’intention de faire au sujet de Marie un exposé doctrinal complet, ni de trancher les questions que le travail des théologiens n’a pu encore amener à une lumière totale ».
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chacune d’elles avec Marie ou même avec tout l’humanité. Ce qui veut dire que, malgré tout rapport spécial et personnel avec Marie, la communion d’action se maintient entre ces Personnes qui sont d’ailleurs indivisibles entre Elles. F. BOILLAT dit : « La Trinité est un seul et même Dieu. Marie ne peut être en relation avec le Père sans l'être avec son Fils et avec le Saint-Esprit »11. De plus, comme l’a enseigné le Pape Paul VI : « Dans la Vierge, tout se rapporte au Christ et tout dépend de lui: c'est pour lui que Dieu le Père, de toute éternité, l'a choisie comme Mère toute sainte et l'a parée de dons de l'Esprit à nul autre consentis. »12. C’est dire que tout rapport de la sainte Trinité avec Marie, rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils, s’est établi en vue et en fonction de ce Fils. Dans ces rapports divino-trinitaires que dire de Marie dans ses liens particuliers avec Dieu, le Père ?
D. Marie et Dieu le Père : 1. Marie, la fille de prédilection du Père. Le point de départ de toute relation particulière entre Dieu le Père et Marie se trouve dans le choix libre que celui-ci fit de celle qui sera regardée désormais comme « Comblée de grâces entre toutes les femmes » et j’ajoute : plus que toutes les femmes. En effet comme le dit Fernand BOILLAT : « Lorsque saint Luc écrit que Dieu a envoyé l'ange Gabriel dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une jeune fille qui s'appelait Marie et qui avait la faveur de Dieu à qui rien n'est impossible, il met Marie en relation avec le Père qui en fait sa fille de prédilection. Le Père est l'Amour ; Marie est la fille de prédilection de cet Amour au-delà de toutes les autres créatures du ciel et de la terre « 13. Ainsi voyons-nous que dans son amour préférentiel pour Marie, Dieu le Père, qui est Père de toute l’humanité a adopté Marie et l’a élue Mère du Christ, il l’a préservée du péché originel14, la préparant et la rendant ainsi digne de porter en son sein celui qui sera désigné sous le nom de l’Agneau sans tâche. Parlant de cette préparation, signalons qu’il existe une tradition qui parle de « présentation de la Vierge au temple »15. Réalité ou légende, cette sorte de présentation, commentée en long et en large dans le Nuevo Diccionario di MARIOLOGIA (p. 1652 et suivant), signifie tout simplement que la Main du Père aura toujours protégé et accompagné celle à qui son Ange dira : «Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu… » (Cf. Lc 1, 26-38). 11 Fernand BOILLAT, Marie et la Trinité, in Echos de Saint-Maurice, éd. numérique 1987, tome 83, pp. 237-242 (soit Abbaye de Saint-Maurice 2013). 12 Paul VI, Marialis Cultus, Exhortation Apostolique, du 2 Février 1974, n°25. Egalement importants les n°26, 27 et 28. 13 Fernand BOILLAT, idem. 14 Cf. le Dogme de l’Immaculée Conception définit de manière solennelle par le pape Pie IX, le 8 Décembre 1854. 15 Tandis que le Nouveau Testament n’en parle guère, le Protoévangile de Jasques en parle avec détails au chap. 6-10.
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Voyons alors comment cette Fille de prédilection a participé à cette œuvre d’engendrement du Fils du Très-Haut.
2. L’obéissance et la collaboration de Marie avec le Père : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38a). Cette réponse toute simple contient l’expression de la reconnaissance de la fille envers le Père ; une reconnaissance qui démontre que l’humble servante sur qui le Père s’est penchée (Lc 1, 48), est consciente d’être l’objet d’une bonté qui est la source même de toute bonté. Et elle la manifeste encore plus clairement dans son Magnificat, considéré comme l’hymne dédié au Père16, où elle le loue en disant : « Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom », (Lc 1, 49). Mais bien plus qu’une reconnaissance, le « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38a), est également l’expression de l’acceptation libre du message qu’elle a reçu. C’est ainsi qu’elle manifesta son obéissance au Père, dont elle accepte de porter le Fils en son sein et de lui donner naissance, contre et malgré toute incompréhension. L’amour du Père, aura ainsi trouvé un « lieu » d’incarnation ; un lieu de triomphe dirais-je, du Tout-Puissant qui fait des merveilles aux pauvres. Enfin, grâce à cette obéissance sur laquelle le Pape Jean Paul II a insisté dans son Encyclique Redemptoris Mater comme « obéissance de la foi »17 (Rm 16, 26; cf. Rm 1, 5; 2 Co 10, 5-6), la Fille de Prédilection entra en ‘’collaboration’’ effective avec le Père. Mais reconnaissons-le avec Giuseppe MARCO SALVATI18, qu’il s’agit bien plus d’une « collaboration », mais plutôt de la ressemblance au Père qui donne vie. Dans cette ressemblance, Marie donna donc naissance au Fils dont il est dit qu’il est : engendré du Père avant tous les Siècles, selon la divinité, et né, selon l’humanité, de Marie, la Vierge et Mère de Dieu, en ces derniers temps, pour nous et pour notre salut19. Cette idée de ressemblance au Père, me rappelle un dicton arabe qui dit : « L’enfant qui ressemble à son père lui rend justice »20. Enfin voyons maintenant les rapports de Marie avec son propre Fils.
16 Cf. A. Amato, in « Dios Padre » in Nuevo Diccionario di MARIOLOGIA, 2è éd. SAN PABLO, Madrid, 1003, p. 608, où il est dit ceci que nous avons traduit de l’Espagnol en Français : « Et le cantique de Marie, le Magnificat (Lc 1, 46-55), peut s’appeler, l’hymne au Père, le cantique de la paternité de Dieu avec le nouvel Israël selon l’Esprit, du moment où la miséricorde de Dieu s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent ». 17 Cf. Jean Paul II, Redemptoris Mater, - Libreria Editrice Vaticana 1987, lu sur internet, le 18 Novembre 2013. 18 Giuseppe MARCO SALVATI, op. cit. p. 139. 19 Concile de Chalcédoine (451) : DS 301, cité par A. Amato, op. Cit. 609. Soit Giuseppe MARCO SALVATI, ibidem. 20 الطفل الذي يشبه والده ذلك العدالة : Ce qu’on veut dire ici est simple : l’enfant pouvait ressembler à une autre personne dans la famille, mais le fait qu’il ressemble à son père est déjà un grand honneur pour ce dernier.
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E. Marie et Dieu le Fils : Les relations de Marie au Dieu le Fils qui n’est personne d’autre que celui en fonction de qui la sainte Trinité s’est éprise d’elle, sont d’autant plus passionnantes à étudier qu’elles sont les mieux connues. On suppose que tout homme en a connaissance grâce à ses rapports personnels avec sa génitrice. Cependant dans un monde où lesdits rapports mère-fils ou mère-fille sont tout à fait dénaturés21, ceux de Marie et de Jésus deviennent, un modèle à suivre et un espace de contemplation de ce que doit être une mère, pour son fils/sa fille et d’un fils pour sa mère. Marie est le miroir de toute vraie maternité. Voyons donc comment s’est manifestée la sienne vis-à-vis du Fils de Dieu. Contemplant la relation inouïe qui a existé entre le Fils et la Mère, Giuseppe MARCO SALVATI, a mis l’accent sur la maternité, la présence et la mémoire de l’incarnation22. C’est une intuition qui met bien en relief cette maternité permanente de Marie envers Jésus ; une maternité sans limite et qui perdure dans la maternité ecclésiale. Ici je me limiterai simplement à la brosser et à parler du lien de connaissance mutuelle entre Mère et Fils.
1. La Maternité de Marie, Mère du Christ. « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils né d’une femme… » (Ga 4, 4). Cette déclaration paulinienne est l’une des plus fondamentales pour la compréhension de ce paragraphe. La mère offre à son enfance sa race23. Jésus, Fils de Dieu est, en ce qui regarde son humanité, de la même race que sa Mère qui, de l’Annonciation à la Passion en passant par l’enfance a tout partagé avec lui. L’humanité peut donc s’enorgueillir pour avoir donner à Jésus, ce qu’elle a de mieux et de plus cher. Dans l’un de mes poèmes partagé sur le web avec mes amis, je soulignais cela, comme ceci :
Maintenant Fils de Marie, tu es né ! Tu jaillis de la fontaine nouvelle, Créée majestueuse et immaculée Pour sauver de la faute originelle. Maintenant tu as choisi de venir Prendre chair dans cette chair maternelle, Donnant ainsi l’occasion de t’offrir Ce qui est chère à la race mortelle.
21 Cf. mariage homosexuel avec droit d’adoption de progéniture. Soit les problèmes lieux à la bioéthiques : fécondation in vitro, mères porteuses d’embryons sans aucun lien génétique…etc. 22 En plus d’être vrai-Dieu, Jésus ne serait pas vrai-Homme, si Marie n’était pas de la race humaine. Ceci, nous l’avons exprimé dans un poème qui sera mis en annexe de ce travail. 23 Il semble scientifiquement démontré que l’engendré est nécessairement de la même race que sa génitrice.
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Si en toi, Enfant, gise le trésor Qu’un Dieu-Amour puisse donner à l’homme En son être se dissimule l’or Que l’humanité offre à Dieu, en somme !24
En effet, nous pouvons y insister volontiers : entre une Mère et son enfant, la maternité génère un lien immense de transmission qui va de la transmission de la vie, avec toute les richesses biologiques et psychiques qu’elle comporte, à l’éducation dans tout son ensemble d’insertion sociale, culturelle et intellectuelle au sein d’un peuple qui a sa langue, sa religion et ses coutumes. L’utilisation du thème : « Langue maternelle »25, dont le corollaire, n’est pas : « Langue paternelle », éclaire quelque peu nos idées. Partant donc des évangiles de l’enfance du Christ, on peut imaginer toute l’énergie maternelle dépensée par la Vierge pour éveiller le Christ à la culture, à la langue et à la religion de sa race à elle. Si Jésus naissait d’une femme d’une autre rare, peut-être qu’humainement il serait autre. Ce rapport de différence je l’ai également qualifié dans un autre poème qui dit : Fils de Dieu, Fils de Marie, si tu étais un Africain béninois, Tu t’appellerais sans doute d’un de ces noms puissants Qui ont rendue immortelle, la gloire inflexible de ces hommes Qu’une terre bénie eut la fierté d’avoir porté sur son dos ! Tu t’appellerais certainement GANTIN, l’« Arbre de fer ! », Dont les branches culminant en hauteur, symbolisent « l’Elévation » ! Ton nom ? Peut-être BEHANZIN, « L’univers tient l’œuf que la terre désire » ! Cette terre comparable à la tienne, qui ne donne de nom que de mission ! L’enfant et l’Afrique, c’est la complicité d’une alliance infinie Qui l’intègre dans la forêt des mystères non encore déchiffrés, Mais qui sacralisent la vie de l’homme et lui donnent un sens divin. Même de « l’au-delà » cette vie ressurgit à travers le murmure de la nature. Le silence des montagnes acclame ceux qui sont partis et proclame leur gloire ! Les oiseaux chantent leurs éloges car ils les voient vivre, au cœur de toute chose ! La vague des mers les emporte et les ramène dans un voyage continu ! Séduit de leurs épopées, le cœur de l’enfant, ébahi, rêve de les ressusciter ! Toi petit Enfant Jésus, assis au milieu des anciens, dans le Temple ! Tu n’as rien moins qu’un garçon africain qui questionne sa tradition ! Je te revois dans ce Temple, tendant l’oreille pour écouter ! Te voilà émerveillé des valeurs qui te rendront invulnérable ! Comme un oranger, on a besoin de ses racines pour porter beaucoup de fruits ! Le vieillard fatigué et couché sur son canapé, ne voit-il pas plus loin Que le jeune homme, tête en l’air qui court à travers les rues du monde ? Mais à ces Siméon, tu pourras démontrer que l’enfant est aussi le père de l’homme.
24 KOUMAKPAI N. Moïse, in Mon hymne au petit Enfant de Marie !, Rome, Noël 2012. 25 Sur http://lesdefinitions.fr/langue-maternelle, on définit : « La langue maternelle dite aussi langue native ou langue première (versus langue étrangère) est la première langue apprise à la personne dans la petite enfance, autrement dit, c’est la langue qui est parlée à l’enfant à la maison même avant qu’il apprenne à parler. Il s’agit de la langue que l’enfant comprend avant de commencer l’école. Par ailleurs, la langue maternelle est celle qui est parlée par les natifs du pays où la personne habite ».
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Ɔmɔ ogu ! Loko ! Fils du Fer et de l’Arbre, le plus robuste de la forêt, Ta ténacité viendront de tes racines qui te soutiendront en face de la Croix ! Garçon africain, si tu étais, c’est au Neuvième jour qu’on t’aura présenté ! Car suffisants sont-ils pour qu’un jeune lionceau apparaisse en public ! Et quand on faisait ta première sortie, c’est la Tante Anne, fille de Phanuël Et non Siméon qui te prendrait dans ses bras, pour te faire « manger le Sel » ! Sur ta langue, elle mettra du miel, pour signifier la douceur de la vie ! Mais la vie n’est pas que douce, un piment sur les lèvres, te l’auront fait savoir ! Gardienne de la tradition, Anne te ferait toucher aux instruments de travail manuel. Aussi t’aurait-elle mis une pièce d’argent dans la main, symbole de la vie matérielle. L’enfant qui foule le sol de l’enclos parental sait qu’il y vient pour l’agrandir : Bamikɔlé , tu l’es pleinement , « l’enfant qui aide le père à construire la Maison » !26
Enfin beaucoup éclairant en ce sens, sont les évangiles : de la circoncision du Christ : Lc 2, 16-21 : où le Fils est inséré dans la race juive par ce rite et dans toute la race humaine, par la réception d’un nom qui n’est autre que celui communiqué à Joseph, par l’Ange. de sa présentation au temple : Lc 2, 22-40 : où tous les rituels et cérémonies religieuses prescrites par la loi de Moïse ont été accomplies à son bénéfice. de son recouvrement au temple : Lc 2, 41-52 : où Marie en bonne Mère accompagnée de Joseph alla à la recherche de son enfant qui n’avait que 12 Ans. Grâce à leur pèlerinage à Jérusalem, ils ont immergé Jésus dans une éducation religieuse qui témoigne de leur propre fidélité à Dieu. Enfin sous la vigilance de cette maternité et de l’œil paternel de Saint Joseph, Jésus est également initié à la vie professionnelle de charpentier tout comme le recommande le Talmud qui exige que tout enfant premier-né et mâle soit initié au métier de son Père avant l’âge d’étudier la théologie.
2. Lien de connaissance et la présence permanente de Marie dans la vie du Fils
Signalons que, Jésus, qui est reconnu vrai Homme et vrai Dieu, par le Credo de l’Eglise au Concile de Nicée-Constantinople en 325 et 381, est celui-là dont la Mère est également déclarée la Theotokos, au Concile d’Ephèse en 431. En effet, en déclarant Marie « Mère de Dieu », les Pères de l’Eglise ont coupé court avec toutes les hérésies sur l’humanité et sur la divinité du Christ. Marie, est Mère de Dieu, parce que Mère de Jésus, vrai Homme et vrai Dieu. Alors, qui pourrait mieux connaître Jésus que sa Mère ? Et qui pourrait mieux connaître Marie que son Fils ? Mais si l’on suppose qu’une mère connait mieux son fils que quiconque, c’est plutôt dans le profond de son cœur où elle méditait tout en silence et dans le creuset de sa foi
26 KOUMAKPAI N. Moïse, in Divin Enfant, si tu était un Africain, Rome/Ottavia, 19 Décembre 2014.
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personnelle que Marie apprit à connaître ‘’qui était son Fils’’. Et c’est dans ce sens que nous comprenons le fameux enseignement de saint Augustin repris au Concile Vatican II qui affirme que : «Marie a conçu son Fils dans la foi avant de le concevoir en sa chair »27. A ce propos Mgr Jacques Perrier affirme : « Dans son cœur, elle méditera le mystère déconcertant de son Fils et elle grandira ainsi dans la foi, à travers des épreuves. Jusqu’à la Croix. Aujourd’hui, jusqu’au ciel »28. Cette connaissance profonde sur la divinité du Fils, Marie l’a acquise très tôt. Depuis la Conception virginale dont elle maîtrise les données, jusqu’au tressaillement de Jean, le Baptiste dans le ventre de sa Mère Elisabeth et la jubilation de Marie à travers le Magnificat, la Vierge de Nazareth savait que son Enfant est un Dieu. Sa connivence avec son Fils à Cana en dévoilera le secret et la profondeur. Lors du recouvrement au temple où de la tendresse de son cœur maternel elle dit au Fils : « Mon Enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? » (Lc 2, 48 ), le Fils lui révèle, qu’il faut qu’il soit au service des affaires de son Père. Je pourrais affirmer que c’est de cette manière que son jeune enfant lui fait savoir que lui également était conscient de ce qu’il est : le Fils de Dieu. Mais quelle joie pour la Vierge à qui Jésus se soumit aussitôt ! Dans la mesure de ses possibilités elle s’est liée à son Fils pour l’accomplissement du dessein du Père. Sa présence permanente dans sa vie témoigne de sa participation active à la mission-rédemption. De cette collaboration permanente naîtra le titre de « co-rédemptrice », titre surement incompris par qui ne chemine pas au même pas avec l’Eglise quant à ce qui concerne la vraie découverte de la personne de la Mère du Rédempteur. De l’Annonciation à la Passion, l’efficacité de cette présence, parfois trop discrète et silencieuse se démontrera par des gestes simples : l’écoute toute attentive, la marche à la suite du Fils. Enfin les sommets de cette présence, seront : le Golgotha et le Cénacle : la mort et l’après-mort ; sommet qui culmine dans la réception de l’Esprit-Saint, le jour de la Pentecôte. Cette fois-ci, Marie reçoit l’Esprit comme don gratuit de sa fidélité et de sa présence au sein d’une Eglise naissante qu’elle engendre elle-même avec son Fils et qu’elle va bientôt précéder au ciel, recevant les avances de la grâce de la résurrection du Fils, pour son assomption. Ici j’utilise ce concept pour signifier plus que ce qu’on lui fait signifier en pensant seulement à l’élévation au ciel de Marie. Dans cette assomption je contemple son être qui se laisse assumer par la divinité de son Fils, le Jésus de l’Ascension. Voyons à présent comment elle est « Lieu » d’expérience de l’Esprit-Saint ?
27 " Bienheureuse Marie, plus encore parce qu’elle a reçu la foi du Christ que parce qu’Elle a conçu la chair du Christ " (S. Augustin, virg. 3 : PL 40, 398). 28 Jacques Perrier, in Le cœur de Marie, demeure du Fils de Dieu, homélie de la fête du cœur immaculé de Marie, publiée sur http://www.zenit.org/fr/articles/le-coeur-de-marie-demeure-du-fils-de-dieu, le 7 Juin 2013. Consultée sur le Net, en Mai 2014.
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F. Marie et Dieu l’Esprit Saint :
Aussi difficile qu’il soit de « saisir » la réalité du Dieu Esprit Saint, la vie de celle qui est appelée « sanctuaire de l’Esprit Saint », par le Concile Vatican II, se conçoit comme un meilleur espace de contemplation de la troisième Personne de la sainte Trinité. En effet tout dans la vie de celle à qui l’Ange disait : « Le Saint Esprit viendra sur toi… », nous parle de cet Esprit. En vue de l’engendrement du Fils, Dieu le Père a tout disposé pour que l’être de Marie abritât le Saint Esprit, comme l’Arche de l’Ancienne Alliance abritait les deux tables de la Loi (Héb. 9 : 4). « Pour la Tradition, la préfiguration de Marie dans l’Ancien Testament se trouve toute entière contenue dans l’Arche d’Alliance »29. C’est dire que Marie a vécu en quelque sorte une Pentecôte permanente.. En effet : « La Pentecôte est le sommet de la Révélation. Sans l'envoi de l'Esprit Saint, jamais Jésus, fils de David, n'aurait pu être reconnu comme Fils de Dieu ni Marie comme Mère de Dieu, ni l'Eglise comme infaillible »30. Parmi tant d’autres caractéristiques ayant trait à la relation MarieEsprit Saint, ici nous voudrions étudier : l’« être sanctuaire du Saint Esprit » qui fait de Marie un « pneumatophore », et la « jubilatio Mariae », signe de « mouvance » de l’Esprit Saint.
3. Marie « sanctuaire du Saint Esprit » : la ‘‘Pneumatophore’’. Aucun discours sur Marie ne dépasse encore la grande inspiration conciliaire qui voit en elle, le digne « sanctuaire de l’Esprit Saint ». En effet, le Concile Vatican II, en disant que Marie est le Sanctuaire de l’Esprit Saint, n’a pas fait que faire à son sujet, une déclaration dogmatique, mais bien plus. Car ici, il ne s’agit pas seulement d’un dogme au sens strict du terme, mais d’un enseignement concret qui présente de manière , à la fois claire et métaphorique possibles un des meilleurs portraits de Marie. Ce qui démontre vraiment que la grâce qu’elle a reçue de la sainte Trinité est immense. Et d’ailleurs, le Concile y a insisté aussitôt en parlant de « don exceptionnel de grâce »31. L’Esprit Saint qui a pris possession d’elle est lui-même ce don exceptionnel de grâce. Et dire que Marie est le Sanctuaire de l’Esprit Saint, c’est dire qu’elle est devenue le « lieu de rencontre avec cet Esprit », cet Esprit qui accomplit tout en elle. Je ne le dirai pas assez : la Conception, ‘‘hors intervention humaine’’, n’aurait pas été possible sans l’action de l’Esprit Saint. Et donc, dans la vie de Marie, quoi d’autre serait-il possible sans la puissance de l’Esprit Saint ? Nous devons toute l’importance de la vie de la Vierge, aux mérites de son Fils mais également au don exceptionnel de
29 http://www.eglise-villemomble.org/?page_id=314: LG chapitre 8 : La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Eglise. Consulté, le 3 Mars 2014. 30 Fernand BOILLAT, op. cit. p. 241. 31 Cf. plus haut la note n° 9.
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grâce qu’elle a reçu, à travers cet Esprit qui est venu sur elle, comme le lui a annoncé l’Ange. En effet, il est dit que Marie a toujours vécu sous la possession du Saint Esprit : que ce soit avant, pendant ou après l’Annonciation32. Le Catéchisme de l’Eglise parle même de la prédestination de Marie33. « Le Père des miséricordes a voulu que l’Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l’œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie (LG 56 ; cf. 61) ». Dans le cadre limité de ce travail, il serait trop onéreux de vouloir faire ici un rapport exhaustif sur cette question. Toutefois, signalons que les études qui parlent des relations Marie-Esprit-Saint avant l’Annonciation, se basent sur ses préfigures dans l’Histoire du salut : Nouvelle Eve, Eve était la Mère des vivants (Gén 3,15) ; la Vierge, Mère de l’Emmanuel (Is 7, 14-16), sera la Mère de tous les sauvés…etc. Toutes les saintes Femmes de l’Ancien Testament, à cause de leur rôle dans l’Economie du salut auront été considérées, préfigures de Marie, fille de Sion et digne fille d’Abraham. Saint Paul, dans le Nouveau Testament parle de Nouvelle Eve en fonction de l’influence qui lui vient de son Fils, le Nouvel Adam. (Cf. Rm 5, 15-19) ou (1Co 15, 22.45). Comme dit plus haut, la présence du Saint-Esprit en Marie pendant l’Annonciation a fait d’elle à la fois, la Mère du Christ et l’a disposé à devenir la Mère de l’Eglise comme le démontre le Concile Vatican II dans le Lumen Gentium au Chapitre VIII. Après l’Annonciation cette présence se fera sentir pendant la Visitation à l’Elisabeth, pendant la Pentecôte et l’Assomption34.
4. La « jubilatio Mariae », signe de la « mouvance » du Saint Esprit : Le caractère aussi joyeux que prophétique du chant du Magnificat désigné plus haut comme l’hymne à la paternité35, montre que ce cantique qui rappelle celui d’Anne (1 Samuel 2.1-11), est une inspiration qui s’enracine dans le creuset des rapports Marie-Esprit-Saint. En effet, il est étonnant que malgré son jeune âge, Marie ait pu avoir une telle inspiration36 qui assume, résume et transcende en sagesse tous les autres cantiques des femmes qui ont chanté dans la Bible. Le Magnificat peut donc être considéré comme œuvre littéraire la plus marquée de
32 On lira à ce propos, les brillantes démonstrations théologiques faites par A. Amato. A. Amato, op.cit. El Espiritu Santo y Maria p. 683-719. 33 Cf. C.E.C. Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 488-289. Consulté sur http://www.vatican.va/archive/FRA0013/P1H.HTM 34 A. Amato, op.cit. El Espiritu Santo y Maria p. 704. 35 Cf. note 16, plus haut. 36 Cf. http://www.les evangiles.net/tag/magnificat/ où il est dit : « Mais comment Marie, qui n’est encore presqu’une enfant, peut-elle avoir une telle vision prophétique du futur ? En effet, tout ce qu’elle annonce sera repris par son fils Jésus une trentaine d’années plus tard : « Le Seigneur renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, il comble de biens les affamés et il renvoie les riches les mains vides ». Lu sur l’Internet, à l’adresse indiquée.
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« l’emprunte » de l’Esprit Saint dans la vie d’une femme biblique. Parmi ses nombreux commentateurs j’aimerais citer simplement celui de saint Jean-Eudes37 : Les divines Écritures contiennent plusieurs saints Cantiques qui ont été faits par de saintes femmes, à savoir, par Marie, la sœur de Moïse et d'Aaron, par Déborah, par Judith, et par Anne, mère du prophète Samuel, pour rendre grâces à Dieu de plusieurs faveurs extraordinaires de sa divine Bonté. Mais le plus saint et le plus digne de tous les Cantiques est le Magnificat de la très sacrée Mère de Dieu, tant à raison de la dignité et sainteté de celle qui l'a fait, que pour les grands et admirables mystères qui y sont compris; comme aussi pour les miracles que Dieu a opérés par ce Cantique.38.
Ce que saint Jean Eudes appelle donc : le Cantique sacré du très saint Cœur de la bienheureuse Vierge est donc un cantique inspiré. « Inspirer quelqu’un, c’est l’influencer ; le pousser à la créativité »39. Seul l’Esprit Saint dans son rôle d’Inspirateur en communion avec la première et la deuxième Personnes de la Sainte Trinité pouvait provoquer en Marie une telle créativité qui la fait jubiler dans son âme qui exalte le Seigneur et dans son esprit qui exulte en Dieu son sauveur. Nous avons-là le débordement d’une joie toute sainte parce que venant d’un cœur humble, un cœur attiré justement par l’Esprit Saint comme l’aimant se laisse attirer par la masse de fer. Le Pape Benoît XVI disait à propos de cette « mouvance » de l’Esprit Saint :
C'est un chant qui révèle en filigrane la spiritualité des anawim bibliques, c'est-à-dire de ces fidèles qui se reconnaissaient « pauvres » non seulement en vertu de leur détachement de toute idolâtrie de la richesse et du pouvoir, mais également en vertu de l'humilité profonde de leur cœur, dépouillé de la tentation de l'orgueil, ouvert à l'irruption de la grâce divine salvatrice. En effet, tout le Magnificat que nous venons d'entendre, interprété par la Chapelle Sixtine, est marqué par cette « humilité », en grec tapeinosis, qui indique une situation concrète de pauvreté et d'humilité »40.
Enfin c’est bien à travers ce chant que la Vierge a démontré sa propre compréhension du mystère d’amour dont elle est l’objet de la part de la très Sainte Trinité. Ainsi la gloire et l’adoration qu’elle voue au Père en le magnifiant sont partagées entre le Fils et l’Esprit41. Avec Marie l’humanité est introduite à une école où il lui est possible d’apprendre à s’ouvrir totalement à son Dieu. Et c’est bien de cela qu’il me reste à parler.
37 Jean-Rémi Côté, Le Magnificat, Un commentaire de St Jean-Eudes, Livre dixième du Cœur Admirable(t.8 des O.C.), Document Recherche no 19. Présentation et arrangement. Jean-Rémi Côté cotejr8@videotron.ca, www.liberius.net/articles/ Le Magnificat (Anthologie).pdf, 70 p. 38 Idem. 39 Définition du mot inspirer, sur http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/inspirer/, consulté le 05/05 2014. 40 Benoît XVI, catéchèse prononcée au cours de l’audience générale du mercredi 15 Février 2006, ZF06021508, soit eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1602061_audience, lu sur Internet le 05/05/2014. 41 Saint Jean Eudes dit dans son commentaire (voir Jean-Rémi Côté, op. cit p. 8.), « Mon âme magnifie le Seigneur. » Quel est ce Seigneur que la bienheureuse Vierge magnifie? C'est celui qui est le Seigneur des seigneurs, et le Seigneur souverain et universel du ciel et de la terre. Ce Seigneur est le Père éternel, ce Seigneur est le Fils, ce Seigneur est le Saint-Esprit, trois personnes divines qui ne sont qu'un Dieu et un Seigneur, et qui n'ont qu'une même essence, puissance, sagesse, bonté et majesté ». Lu sur Internet, le 24 Mai 2014.
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TROISIEME PARTIE : LA « DIDACTIQUE » MARIALE EN MATIERE D’OUVERTURE DE LA PERSONNE HUMAINE A LA DIVINITE.
Cette dernière partie que nous voudrions aborder rentre dans le sens de l’application de tout ce qui précède. A notre humble avis nos investigations sur Marie et la Sainte Trinité resteraient un exercice purement et simplement intellectuel si elles ne nous permettent pas de voir comment Marie, pour s’être totalement ouverte à Dieu, nous attire vers la Sainte Trinité comme un fleuve qui draine tout vers sa source. Ici donc, qu’il nous soit permis de voir brièvement comment la Fille de prédilection du Père, la Mère du Rédempteur et le Sanctuaire de l’Esprit Saint nous aide, dans notre vie personnelle à nous ouvrir, nous aussi à Dieu. Car comme le dit le Pape Paul VI : Modèle de toute l'Eglise dans l'exercice du culte divin, Marie est encore de façon évidente, éducatrice de vie spirituelle pour chacun des chrétiens 42.
D. L’Ecole de Marie : Avant tout, signalons que Marie, cette femme qui gardait tout dans son cœur et perdurait dans la méditation, se laissait enseigner, au lieu d’enseigner. Et pourtant, il reste des études à faire, comme celle de Louis-Marie Grignon de Montfort43 sur la raison fondée de son silence général dans les Evangiles dont elle peut être considérée corédactrice. Pensons ici tout au-moins aux évangiles de l’Enfance du Christ : Marie en est certainement la première source pour en avoir fourni des renseignements justes et vérifiables, récoltés par saint Luc. Mais ce dont nous entendons parler ici par le titre de ‘‘Didactique mariale’’ : « Ecole de Marie » déborde ce cadre. Il s’agit bien sûr de ce qu’on acquiert à contempler cette femme en prière ; elle toute tournée vers la Divinité dont elle a contenu les secrets dans son propre cœur44. En effet, dans le vocabulaire de Mariologie, ne parle-t-on pas de : « Aller à Jésus par Marie » (Ad Jesum per Mariam) ? Cette expression est chère aux théologiens comme saint Bernard de Clairvaux, chantre authentique des grandeurs et des beautés de la vocation universelle de la Vierge Marie. Ne chantons-nous pas également : « Chercher avec toi dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie »45. « L'école de Marie, dit le Pape Jean Paul II, est une école tout particulièrement efficace
42 Paul VI, op. cit. n° 21. 43 Il est heureux de lire ceci de Louis Marie Grillon de Montfort (op. cit.) « Dieu le Père a consentit qu'elle ne fit point de miracle dans sa vie, du moins qui éclatât, quoiqu'il lui en eût donné la puissance. Dieu le Fils a consenti qu'elle ne parlât presque point, quoiqu'il lui eût communiqué sa sagesse. Dieu le Saint-Esprit a consenti que ses Apôtres et ses Evangélistes n'en parlassent que très peu et qu'autant qu'il était nécessaire pour faire connaître Jésus-Christ, quoiqu'elle fût son Epouse fidèle ».(Traité de la Vraie Dévotion). 44 Lc 2, 19 : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». 45 Jean-Claude GIANADDA, paroles et musique : Chercher avec toi dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie.
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si l'on considère que Marie l'accomplit en nous obtenant l'abondance des dons de l'Esprit Saint, en nous offrant aussi l'exemple du « pèlerinage dans la foi » dont elle est un maître incomparable »46. Voilà ce dont il s’agit ici : contempler Marie dans son pèlerinage dans la foi, un pèlerinage dont elle est : « Maître incomparable ». Ici, par l’expression « didactique mariale », j’entends souligner chez Marie, cet « art de vivre Dieu et de faire vivre Dieu en soi-même »47 : c’est-à-dire l’art de s’ouvrir à Dieu comme une fleur aux rayons solaires. Maître incomparable de cet art, Marie nous apprend à nous ouvrir à la Sainte Trinité. Dans le n° 14 du Rosarium Virginis Mariae, cité plus haut, le Pape Jean Paul II parle justement de : « Par Marie, apprendre le Christ » et explique : « Le Christ est le Maître par excellence, le révélateur et la révélation. Il ne s'agit pas seulement d'apprendre ce qu'il nous a enseigné, mais “d'apprendre à le connaître Lui”. Et quel maître, en ce domaine, serait plus expert que Marie » ?48. Mais par cet art que veut-elle faire de nous ?
E. Marie nous conduit à la Sainte Trinité :
Tout part de cette grâce exceptionnelle qu’elle a reçue entre toutes les femmes et tous les hommes et qui fait que désormais, on ne puis parler de la Sainte Trinité sans penser à Marie, ou parler d’elle sans penser à la Sainte Trinité. « Tout est grâce, nous dit Saint Paul ». C’est bien là un enseignement qui s’applique d’abord à la toute comblée de grâce. De toute évidence, cette abondance de grâces reçues à l’Annonciation établit la Mère de Jésus de Nazareth dans une relation privilégiée avec la Sainte Trinité ; relation à laquelle, par laquelle et dans laquelle elle entend nous enfanter, nous éduquer et conduire désormais tout homme qui accepte volontiers sa maternité. Et dans ce sens, il y a vraiment lieu de reconnaître que Marie apparaît donc comme l’ espace d'amour et d'action des Personnes de la Trinité. Et Montfort n’a pas manqué de la présenter dans cette perspective relationnelle, quand il écrivait : Marie est totalement relative à Dieu et je l'appellerai volontiers la relation à Dieu, qui existe seulement en relation à Dieu »49. C'est pourquoi la Toute Sainte conduit à la Trinité. En lui répétant chaque jour "Totus tuus" et en vivant en harmonie avec Elle, on peut parvenir à l'expérience du Père dans la confiance et dans l'amour sans limite (VD 169 et 215), à la docilité à l'Esprit Saint (VD 258) et à la transformation de soi selon l'image du Chris)50.
46 Jean Paul II, LETTRE APOSTOLIQUE ROSARIUM VIRGINIS MARIAE, 47 J’entends par là l’union totale avec Dieu : la divinisation ou l’entrée en profondeur de Dieu. 48 Ibidem. 49 Louis Marie Grignion de Montfort , Traité de la Vraie Dévotion, n° 225. 50 Idem, n° 218-221.
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Mais d’aucuns penseraient comme cela arriva au Pape Jean Paul II dans sa jeunesse51, que la marche à la suite de Marie dans ce qui regarde sa vie de prière et de foi, éloignerait, soit de Jésus, soit carrément de la Sainte Trinité. Absolument non ! La « sequela Mariae » n’est pas en contradiction avec la « sequela Christi » ; bien au contraire, elle la suppose, la soutient et la maintient. …La plus forte inclination de Marie est de nous unir à Jésus-Christ, son Fils, et la plus forte inclination du Fils est qu'on vienne à lui par sa sainte Mère; et c'est lui faire honneur et plaisir, comme ce serait faire honneur et plaisir à un roi si, pour devenir plus parfaitement son sujet et son esclave, on se faisait esclave de la reine. C'est pourquoi les saints Pères et saint Bonaventure après eux, disent que la Sainte Vierge est le chemin pour aller à Notre-Seigneur: Via veniendi ad Christum est appropinquare ad illam (In psalt. min.)52. C’est donc dire que sur la grande autoroute des vertus mariales, nul ne se perd et nul ne va en déviation par rapport au chemin du salut éternel tracé par son Fils ; car Marie est elle-même le « garde-fous » qui nous prévient des dangers inhérents à la sequela Christi dans un monde qui pense que l’Ere de la foi chrétienne est révolue. C’est là un des fruits de l’ouverture personnelle de la Vierge aux Personnes de la Sainte Trinité : communiquer au monde ce qu’elle-même a reçu des Personnes divines grâces aux mérites de son Fils. Dans la vision de Grignion de Montfort, la foi trinitaire imprègne entièrement, même les prières adressées à Marie: « Je te salue, Marie, Fille très aimable du Père éternel, Mère admirable du Fils, Epouse très fidèle de l'Esprit Saint, auguste temple de la Très Sainte Trinité »53. Dans le Rosarium Virginis Mariae, Jean Paul II encouragera une telle manière de dire le rosaire. F. Marie, modèle de Sainteté Parler de Marie comme « source de sainteté » risque de heurter les sensibilités des autres confessions chrétiennes, voilà pourquoi je parle de modèle. Mais loin d’être une invention abusive, cette idée trouve sa justification dans le Catéchisme de l’Eglise, où il est dit du chrétien que : « De l’Église, il reçoit la grâce des sacrements qui le soutient sur la « voie ». De l’Église, il apprend l’exemple de la sainteté ; il en reconnaît la figure et la source dans la Toute Sainte Vierge Marie »54. En effet, pour justifier cette idée on s’appuie sur le fait que Marie est celle qui a formée la nature humaine du Verbe Incarné, et comme l’a si bien dit Saint Augustin, Marie est forma Dei. De par ce statut de Mère de Dieu, de par sa propre et totale ouverture à la Sainte Trinité, la Vierge
est capable de nous communiquer sa sainteté qui est don gratuit de la Sainte Trinité. LouisMarie Grignon de Montfort dit à ce propos : « Saint Augustin appelle la Sainte Vierge forma Dei : le moule de Dieu : Si formam Dei te appellem, digna existis : le moule propre à former et mouler des dieux. Celui qui est jeté dans ce moule divin est bientôt formé en Jésus-Christ, et Jésus-Christ en lui : à peu de frais et en peu de temps, il deviendra dieu, puisqu’il est jeté dans le même moule qui a formé un Dieu »55.
CONCLUSION : A la fin de ce parcours limité par le cadre dans lequel il s’accomplit, je parviens à plusieurs certitudes : La personne de la Vierge Marie est une concentrée de Christologie, d’Ecclésiologie et Théologie Trinitaire de l’Eglise Catholique Romaine. La ‘’grande’’ Constitution Dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II, dans son chapitre VIII, intitulé : « La bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu dans le Mystère du Christ et de l’Eglise » rend merveilleusement compte du long parcours pluriséculaire accompli par l’Eglise dans sa juste contemplation de la personne de la Mère du Rédempteur, dans la juste doctrine remplie de sagesse et de prudence qu’elle enseigne au sujet de Marie et dans la juste filiale dévotion dont elle l’entoure. En effet, ce que l’Eglise croit et enseigne sur la personne de la Vierge Marie, elle l’exprime aussi bien clairement dans sa liturgie (Lex credendi, lex orandi). Mais si l’Eglise tient tant à Marie la raison n’est pas d’abord Marie elle-même, mais : - d’une part, parce que la Sainte Trinité lui a fait « trouver grâce » auprès d’Elle, en vue de la mission qu’elle comptait lui confiée : « être la Mère de Jésus ». - et d’autre part, cette « grâce trouvée » par Marie était aussi abondante qu’exceptionnelle, en fonction des mérites de son Fils. Dieu en effet, voulait offrir au Fils une Mère digne de Lui. Le grand Concile en a fait plus qu’un éloge ; c’est le point focal de son enseignement56. En effet, dans la coutume béninoise qui est la mienne on dit que : « La cuisse de la mère, est le premier tam-tam de l’enfant » : Marie est constituée, « pleine de grâce » de sorte que le Fils, en l’ayant pour Mère se réjouisse d’avoir pris chair dans une telle chair. J’aimerais citer à cet effet une brillante pensée qui m’a réjoui le cœur à la fin de cette étude en m’apportant toute la satisfaction d’avoir traité ce sujet. Cette une pensée est d’Adrienne Von Speyr (1902-1967) qui contemple en Marie, le mystère de la rédemption dans le contexte d’un don trinitaire :
Il convient que le Père et l'Esprit fassent voir au Fils dès le début l'efficacité de la Croix. Voici alors que là, tout près, il y a la Mère, comme un don que le Père et l'Esprit font au Fils ; comme si la Mère, en tant qu'instrument imaginé en vue de la rédemption, représentât une espèce d'avance, d'acompte. Le Père et l'Esprit montrent au Fils l'avantage du chemin qui lui est proposé : il s'agit de la rédemption anticipée de la Mère en vue de la Croix. C'est un acte salvateur qui provient de la souffrance du Fils sur la Croix mais qui est agencé de manière que le Fils reçoive par anticipation à travers son acte, cette Mère qui le concevra sans péché [...]. Marie, dans le mystère de son immaculée conception, se place à un point crucial de la vie trinitaire, parce qu'elle est donnée autant du Fils au Père que du Père au Fils : il y a toutefois une préséance au Père, qui donne Marie au Fils afin que son œuvre puisse débuter. Marie est pensée et créée, autant, grâce à la Croix qu'en vue de la Croix. »57
Par cette judicieuse pensée, Adrienne semble avoir mesuré la porté du « coût » de la rédemption dans toute sa « gravité » et tiré la conclusion que Marie, « chef-d’œuvre » de la Sainte Trinité était voulue « belle et resplendissante » par la première et la troisième Personnes divines pour réjouir, calmer, pacifier et rassurer le Fils face à la folie de la croix. En définitive Marie en vertu de sa foi parfaite et de son « pèlerinage dans la foi », n’a pas fait qu’obéir en bonne Fille à la décision du Père, ou mettre simplement au monde le Fils comme une bonne Mère, ou se vanter humainement d’être « le Sanctuaire » de l’Esprit Saint mais par son humilité elle est rentrée en « connivence » avec Dieu dont elle a chanté les Merveilles. Elle a porté le Fils dans son cœur, dans son ventre, dans ses bras et dans sa culture. Objet du don de la Sainte Trinité, elle deviendra sujet de don envers Elle : Marie s’est tout donnée aux Personnes Divines au point d’en devenir un merveilleux reflet : « Maria, specchio di perfezione », Marie miroir de la perfection, n’est rien d’autre que le miroir qui renvoie au monde, le reflet de la Sainte Trinité. Sur le plan de l’Œcuménique et du Dialogue Interreligieux, Marie fait désormais l’unanimité : les Juifs la considèrent comme Fille d’Abraham, les Orthodoxes l’ont toujours acceptée dans son titre le plus parfait : la Theotokos, Mère de Dieu et les Musulmans, ne parlent du Christ qu’en fonction de « Mariām, ummu ‘Issa » c’est-à-dire « Marie, la Mère de Jésus ». Pourrions-nous dire un jour : « Marie, Espérance d’une humanité unie dans la foi en un seul et unique Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint et Créateur des hommes »?
Rédaction en fin de Séminaire en vue de la Licence Juin 2014.
KOUMAKPAI Noukpo Moïse Etudiant en Licence théologique à Angelicum.
1. Cf. Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Q. n° 28 : la virginité de la Bienheureuse Marie, lu le 6/12/2014, sur http://www.icrsp.org/Calendriers/Mois-St-Joseph/Textes/St-Joseph-St-Thomas-Virginite-B-Vierge-Marie.htm. 2 Cf. Collecte de la messe de la Nativité du Christ : messe du jour.
55 Louis Marie Grignon de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 219. 56 Cf. Concile Vatican II, Constitution Dogmatique Lumen Gentium,
51 Jean Paul II, Entrez dans l’espérance, entretiens avec V. Messori, éd. Plon, Mame, 1994. 52 Louis-Marie Grignion de Montfort, op. cit. n°75 , lu en Novembre 2013, sur http://jesusmarie.free.fr/grignion traite vraie dévotion a la sainte vierge.html, 53 Louis-Marie Grignion de Montfort, le secret admirable du très saint rosaire. Éd. Traditions Monastiques, 256 p, lu le 8 Mars 2014, sur http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Montfort/rosaire.html.
54 Catéchisme de l’Eglise Catholique, C.E.C. n°2030.
57Adrienne Von Speyr, in Maria nella redenzione, Jaca Book, Milano 2001, p. 33. Lu le 15 Juin 2014 sur : www.mariedenazareth.com
PLAN DU SUJET
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : APPORT DU CONCILE VATICAN II DANS LA COMPREHENSION DU SUJET :
A. Eclaircissement de Thèmes : B. Apport du Concile Vatican II sur la compréhension du sujet.
DEUXIEME PARTIE : MARIE ET LES PERSONNES DE LA SAINTE TRINITE: A. Marie et Dieu le Père : 1. Marie, la fille de prédilection du Père. 2. L’obéissance et la collaboration de Marie avec le Père :
B. Marie et Dieu le Fils : 1. La Maternité de Marie, Mère du Christ. 2. Lien de connaissance et la présence permanente de Marie dans la vie du Fils
C. Marie et Dieu l’Esprit Saint : 1. Marie « sanctuaire du Saint Esprit » : la ‘‘Pneumatophore’’. 2. La « jubilatio Mariae », signe de la « mouvance » du Saint Esprit :
TROISIEME PARTIE : LA « DIDACTIQUE » MARIALE EN MATIERE D’OUVERTURE DE LA PERSONNE HUMAINE A LA DIVINITE.
A. L’Ecole de Marie : B. Marie nous conduit à la Sainte Trinité : C. Marie source de Sainteté
CONCLUSION :
BIBLIOGRAPHIE
1. BIBLE - Pour les citations nous avons utilisé la version proposée sur le site de l’AELF : Association Episcopale Liturgique pour les pays Francophones.
2. DOCUMENTS CONCILIAIRES - Concile Œcuménique du Vatican II, Constitution Dogmatique Lumen Gentium, 21 Nov. 1964, Chapitre VIII. - Concile de Chalcédoine (451) : DS 301. - Concile du Nicée-Constantinople (325, 381)
3. DOCUMENTS PAPALS - Paul VI, Marialis Cultus, Exhortation Apostolique, du 2 Février 1974, éditrice vaticane, 1974. - Jean Paul II, Redemptoris Mater, Libreria Editrice Vaticana 1987. - Jean Paul II, Lettre Apostolique, Rosarium Virginis Mariae. Vatican, le 16 octobre 2002. - Jean Paul II, Audience au participants au VIIIème Congrès international de Mariologie. - Benoît XVI, catéchèse au cours de l’audience générale du mercredi 15 Février 2006, - Benoit XVI, catéchèse, le Christ Nouvel Adam, 03 Décembre 2008.
4. DOCUMENTS DE LA CURIE ROMANAINE
- Catéchisme de l’Eglise Catholique - Compendium du Catéchisme de l’Eglise Catholique, Librairie Editrice du Vatican, Cité du Vatican, 2005.
5. ETUDES
- Amato A., in « Dios Padre » in Nuevo Diccionario di MARIOLOGIA, 2è éd. SAN PABLO, Madrid, 1003, p. 608. - BOILLAT, Fernand Marie et la Trinité, in Echos de Saint-Maurice, éd. numérique 1987, tome 83, pp. 237-242 (soit Abbaye de Saint-Maurice 2013).
- Breynaert, F. A l’écoute de Marie, tome II, Brive 2007.
21
- CERBELAUD, Dominique, Marie un parcourt dogmatique, les éditions du CERF, Paris, 2004. - Côté, Jean-Rémi Le Magnificat, Un commentaire de St Jean-Eudes, Livre dixième du Cœur Admirable(t.8 des O.C.), Document Recherche no 19. Présentation et arrangement. JeanRémi Côté cotejr8@videotron.ca. Lu sur Internet, le 24 Mai 2014.
- de Fiores, Stefano, NUEVO DICCIONARIO DE MARIOLOGIA. (dir.). ED.SAN PABLO, 2ª edicion, Madrid, 1993, 2127 p.
- de Fiores, Stefano Maria. Nuovissimo Dizionario, Vol 1, Ausiliatrice, EDB, Padova 2006, pp 174-184.
- Ermenegildo MANICARDI, Maria e la Trinità nel Vangelo secondo Matteo, in Marianum 1-2, (2002), pp. 17-50. (p 36-45). - Grignion de Montfort, Louis-Marie Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge Marie, - Grignion de Montfort, Louis-Marie le secret admirable du très saint rosaire. Éd. Traditions Monastiques, 256 p. - Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Q. n° 28 : la virginité de la Bienheureuse Marie, lu le 6/12/2014. - Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Q. n° 28 : la virginité de la Bienheureuse Marie. - SALVATI, MARCO Giuseppe, IO UNO E TRINO, La Trinità come modello del cristiano, Editrice Dominicana, Italia 2011.
6. ARTICLES - von Speyr, Adrienne in Maria nella redenzione, Jaca Book, Milano 2001, p. 33.
- Perrier, Jacques in Le cœur de Marie, demeure du Fils de Dieu, homélie de la fête du cœur immaculé de Marie. Lu, le 08 Juin 2013, sur https://fr.zenit.org/articles/le-coeur-de-mariedemeure-du-fils-de-dieu/
7. CHANT RELIGIEUX - GIANADDA, Jean-Claude paroles et musique dont le titre est : Chercher avec toi dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie.
8. SITOGRAPHIE - http://www. eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0312083-francophones: - http://www.vatican.va/archive/compendium-ccc/documents/archive_2005_compendiumccc-fr.html - http://www.mariedenazareth.com, consulté le 15 Juin 2014
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- http://jesusmarie.free.fr/grignion traite vraie dévotion a la sainte vierge.html - http://www.vatican.va/archive/FRA0013/P1H.HTM - http://www.dicocitations.com/definition, consulté le 24 Novembre 2013.
- http://www.icrsp.org/Calendriers/Mois-St-Joseph/Textes/St-Joseph-St-Thomas-Virginite-BVierge-Marie.htm. Consulté le 6/12/2014. - http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Montfort/rosaire.html, lu le 8 Mars 2014
- http://www.zenit.org/fr/articles/le-coeur-de-marie-demeure-du-fils-de-dieu, Consultée sur le Net, en Mai 2014.
- http://lesdefinitions.fr/langue-maternelle, - http://www.les evangiles.net/tag/magnificat/ - www.liberius.net/articles/ Le Magnificat (Anthologie).pdf, - http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/inspirer/ - http://www.eglise-villemomble.org/?page_id=314: LG chapitre 8 : La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Eglise.
- http://jesusmarie.free.fr/grignion traite vraie dévotion a la sainte vierge.html. Vendredi 13 octobre 2000, lu en Novembre 2013.
- http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/hfh.htm. - http://www.dicocitations.com/definition_littre/21944/Experience.php - http://www.icrsp.org/Calendriers/Mois-St-Joseph/Textes/St-Joseph.
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